J'étais secoué, l'attaque fût brève mais violente. J'avais pu mettre deux bandits à terre en entrant par le bâtiment droit de la ferme. Un énorme trou dans le mur de briques m'avait permi d'entrer facilement. Les bandits ouvraient déjà le feu à ce moment-là. Mes camarades avaient fait parlé leur canons sciés bien vite, trop vite. Un des pauvres diables qui m'accompagnaient reçût une balle en pleine tête, je n'eus pas le temps de distinguer quoi que ce soit sur son visage balafré. Une vie de plus pour la zone...
Je n'eus pas cette chance avec les pillards, le visage cagoulé de l'un d'eux devînt abominable lorsque je lui envoyai une balle en pleine poitrine. Son expression de visage, si terrible, ses traits tirés par la peur me perçaient l'âme. Je réaprennais le sens du verbe "tuer". Cet horrible mot qui pousse les Hommes à commettre l'acte irréparable, le châtiment divin. Mais ici le ciel n'avait plus aucun pouvoir, personne n'avait la foi si ce n'est ces cinglés du "Monolithe", des espèces de fanatiques qui passaient leur temps à prier et à tuer au nom de l'Exauceur. Même ici au coeur de l'Enfer, la foi rendait les types dingues. En dehors de ces tarés, les gens étaient sans croyances, comment voulez vous croire dans cet endroit ? Des fanatiques, des militaires impitoyables, des pillards sans scrupules, des néo-fascistes allumés, des anarcho-nihilistes dangereux, des marchands mesquins, des mercenaires imprévisibles, des mutants, des anomalies et des radiations. Comment voulez-vous avoir "la foi" ? Ici c'était sans espoir, l'intelligence et la réputation était la seule chose qui pouvait te faire gagner du temps, retarder l'échéance.
Mais je ne m'arrêtais pas en si bon chemin, un second brigand fût brisé par le feu de mon arme. Il s'écroula dans un râle effroyable et ce fût tout. Le silence de la mort puis la voix d'un stalker en détresse. Un seul de nos hommes avait mordu la poussière, je me demandais encore comment nous avions pu réussir lorsque le stalker en détresse fît entendre son nom. Allegro, je l'avais trouvé attaché avec des menottes. L'expression d'un remerciement se voyait sur son visage, rester en vie était loin d'être facile. Je me souviens encore de la mission qu'il m'avait confié, aller chercher une combinaison améliorée à l'est de la ferme vers un sentier en pente. Il l'avait planqué dans le tunnel qui menait à la vallée obscure. Le bougre venait d'être libéré et il me confiait déjà une mission ! Mais bon, il le fallait, c'était important pour se faire de l'argent et une réputation solide. Avant de partir, je dépouillais les cadavres. Tout le monde le faisait. Les munitions, la bouffe, les armes , les artefacts, les bandages, tout ça pouvait se revendre ou se garder, c'était au choix. Mais c'était une chose normal ici, on en avait besoin de ce foutu matériel, survivre c'était la seule chose qui nous importait.
Au fond de moi, j'avais mal. Tous ces cadavres, ces pauvres âmes qui n'avaient sans doute pas mérité un tel sort. Sans doute avaient-ils une famille ? Des Enfants ? Une Femme ? Même les pillards qui étaient sans scrupules restaient des êtres humains. Mais j'oubliais très vite ces pensées futiles. Futiles, parce qu'ici les gémissements et les pleurs ne mènent à rien. Je gravis le sentier en restant prudent. Les chiens mutants aboyaient et l'un deux goûta aux plombs du canon scié que j'avais récupéré sur le corps du stalker malchanceux. Par chance, la meute de chiens irradiés n'osa pas approcher mais je sentis les poils de mon corps se hérisser de façon soudaine. Je distinguais le tunnel, je tremblais, je ne pouvais approcher. Quelque chose de surnaturel planait quelque part, une présence malfaisante, le silence était total et je n'entendais qu'un souffle rauque loin en avant, délivrant une odeur putride. Je ne pouvais y aller, non c'était trop dur, bien trop dur. Je me mis à courir vite, très vite dans le sens inverse. Ma vision s'était brouillée juste avant mais j'avais cru voir quelque chose, quelque chose d'inhumain. Je ne me souvenais plus, je préférais ne plus me souvenir d'ailleurs. Mon coeur battait à une vitesse phénoménale et s'apaisa lorsque j'entendis la caresse chaleureuse des doigts d'un stalker sur le manche de sa guitare. J'étais déjà de retour à la ferme. Allegro était déjà reparti pour le village et moi, je décidai de rentrer également pour m'écarter le plus possible de l'est et de ses effroyables secrets. Il me resta à traverser la route avant d'atteindre l'acceuillant village...
Ma surprise fût grande lorsque, traversant la route, je vis un hélico de l'armée traverser le ciel. Merde, que se passait-il ? Une balle siffla à mes oreilles et je me mis à terre. Les stalkers criaient de l'autre coté, un raid de l'armée ! Le premier jour de mon arrivée. Je repris mon sang-froid, me relevai et ajustai calmement un des foutus soldats, je n'eus pas le temps de faire quoi que ce soit. Un stalker plus expérimenté lui logea une balle en pleine boîte crânienne. Et tout redevint silence. J'arrivai visiblement à la fin de l'attaque. Je descendis et un seul stalker m'acceuillit. Je mis du temps à comprendre. Je finis par me retourner et je pûs enfin constater l'étendue du carnage. "Le Loup", Allegro et sept autres stalkers gisaient à terre. Les militaires bien qu'ayant perdu 3 hommes avaient massacré tout le monde sauf Syoma la Chouette qui s'en était sorti in extremis. Je n'avais plus de combi à rapporter pour Allegro, la mort l'avait poursuivi et avait fini par l'abattre. Même "Le Loup" qui m'avait paru si féroce avait valsé. Quel merdier ! Je pleurais de rage, j'étais coincé ici, amnésique et sans ressources. Je ne réalisais pas l'étendue du cauchemar dans lequel j'étais entré.
Il était à peine midi, j'allais voir cet enfoiré de marchand, ce salaud de Sidorovitch. Il s'en foutait bien évidemment, j'avais sa foutue clé Usb que m'avait filé Allegro après sa libération. Il jubilait, et après m'avoir proposé une mission suicide dans un institut de l'armée plus loin au nord qui était censé me permettre d'en savoir plus sur mon passé, il m'expliquai que d'autres stalkers reviendraient dans ce village et qu'il en arrivait tout le temps. La mort du "Loup" était la seule chose qui avait l'air de l'emmerder. Il termina par ces tristes mots : "Il va falloir t'y faire mon petit, bienvenue dans l'antichambre..."
Je comprenais par ces mots que la suite de mon périple serait bien plus terrible. Et c'était véridique, j'allais endurer les pires épreuves de ma vie...
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